Pompe à chaleur : le guide complet
Les pompes à chaleur se sont imposées comme technologie de chauffage dominante en Europe. Dans de nombreux pays, dont la France, la Belgique et le Luxembourg, elles sont devenues la solution standard dans le neuf, portée par les réglementations thermiques et les objectifs de neutralité carbone. Le marché mondial a atteint en 2024 un volume d’environ 70 milliards de dollars US.
Plusieurs facteurs expliquent cette évolution : hausse des prix des énergies fossiles, exigences climatiques plus strictes, prise de conscience environnementale et dispositifs d’aides attractifs. S’y ajoutent les progrès techniques, qui ont rendu les pompes à chaleur plus efficaces et plus silencieuses.
Ce guide pour 2026 explique le principe de fonctionnement, compare les différents types de pompes à chaleur, présente les coûts actuels et les aides disponibles, et donne des repères pour un bon dimensionnement. Vous y trouverez également des renvois vers nos articles techniques détaillés sur des thèmes spécifiques.
Qu’est-ce qu’une pompe à chaleur ?
Une pompe à chaleur (PAC) est un appareil qui transporte de la chaleur d’un niveau de température bas vers un niveau plus élevé. Le principe est identique à celui d’un réfrigérateur – mais avec un objectif inversé : le réfrigérateur retire la chaleur de son volume intérieur pour la rejeter dans la pièce, tandis que la pompe à chaleur prélève la chaleur dans l’environnement (air, sol, eau) pour la transmettre au système de chauffage.
Le cycle en quatre phases
Le cycle thermodynamique d’une pompe à chaleur se déroule en quatre phases successives :
| Phase | Composant | Processus | État du fluide |
|---|---|---|---|
| 1 | Évaporateur | Prélèvement de chaleur dans l’environnement | Liquide → Gazeux |
| 2 | Compresseur | Augmentation de pression et de température | Gazeux (chaud) |
| 3 | Condenseur | Restitution de chaleur au chauffage | Gazeux → Liquide |
| 4 | Détendeur | Diminution de pression et de température | Liquide (froid) |
Le fluide frigorigène parcourt ce cycle en continu. Il capte de la chaleur à basse température et la restitue à une température plus élevée. Le compresseur est le seul composant qui consomme de l’énergie électrique.
Rappel physique : La pompe à chaleur ne contredit pas la thermodynamique. L’énergie électrique fournie au compresseur permet de transporter la chaleur à contre-courant du gradient naturel de température.
Une explication détaillée des bases physiques est proposée dans l’article Le « anti-réfrigérateur » : comment fonctionne une pompe à chaleur ?.
Les composants en un coup d’œil
Toute pompe à chaleur repose sur les mêmes composants de base, qui interagissent dans un circuit fermé :
| Composant | Fonction | Caractéristiques |
|---|---|---|
| Évaporateur | Capte la chaleur de l’environnement | Échangeur de chaleur, grande surface |
| Compresseur | Comprime le fluide frigorigène | Moteur électrique, principal consommateur d’énergie |
| Condenseur | Transmet la chaleur au chauffage | Échangeur de chaleur, compact |
| Détendeur | Abaisse pression et température | Organe de détente, sans entretien |
| Fluide frigorigène | Transporte la chaleur | S’évapore à basse température |
L’évolution des fluides frigorigènes
Les fluides frigorigènes traditionnels comme le R410A ont un fort potentiel de réchauffement global (PRG/GWP). Les pompes à chaleur modernes utilisent de plus en plus le R290 (propane), avec un GWP de seulement 3 (contre 2088 pour le R410A). Le R290 est inflammable, ce qui impose de limiter les charges de fluide et de respecter des distances de sécurité.
Les détails sur chaque composant sont présentés dans l’article Les composants : échangeurs, compresseur et détendeur.
Comparaison des types de pompes à chaleur
Les pompes à chaleur sont classées selon leur source de chaleur et le fluide caloporteur côté chauffage. Les trois types les plus courants pour le résidentiel sont :
Pompe à chaleur air-eau
La pompe à chaleur air-eau prélève la chaleur dans l’air extérieur et la transfère à l’eau du circuit de chauffage. C’est le type le plus répandu dans le résidentiel.
Avantages :
- Coûts d’installation modérés
- Pas de forage ni de captage enterré
- Implantation flexible (unité extérieure ou monobloc intérieur/extérieur)
- Mise en œuvre rapide
Inconvénients :
- Rendement en baisse par basses températures extérieures
- Bruit de l’unité extérieure
- Coûts d’exploitation plus élevés qu’une PAC sol-eau
Pompe à chaleur sol-eau (géothermie)
La pompe à chaleur sol-eau exploite la température quasi constante du sous-sol. La chaleur est captée via des capteurs horizontaux ou des sondes verticales.
Avantages :
- Meilleure efficacité (température de source stable)
- Très silencieuse (pas d’unité extérieure bruyante)
- Possibilité de rafraîchissement passif en été
- Coûts d’exploitation les plus faibles
Inconvénients :
- Investissement initial élevé (terrassement/forage)
- Autorisation nécessaire pour les sondes verticales dans la plupart des régions
- Surface de terrain importante pour les capteurs horizontaux
- Études et travaux plus longs
Pompe à chaleur air-air
La pompe à chaleur air-air chauffe directement l’air intérieur sans circuit d’eau. Elle est surtout connue sous forme de climatiseurs réversibles.
Avantages :
- Chauffage et climatisation dans un même système
- Investissement limité
- Réactivité rapide aux variations de température
Inconvénients :
- Pas de production d’eau chaude sanitaire
- Nécessite un réseau de gaines ou des unités intérieures multiples
- Moins efficace que les systèmes à eau pour le chauffage central
Tableau comparatif des types de pompes à chaleur
| Critère | Air-eau | Sol-eau | Air-air |
|---|---|---|---|
| Investissement | 10.000–20.000 € | 18.000–35.000 € | 8.000–15.000 € |
| JAZ (COP annuel) | 3,0–4,0 | 4,0–5,0 | 2,5–3,5 |
| Emprise au sol | Faible | Importante (terrassement/forage) | Faible |
| Autorisation | Rarement | Oui (sondes, nappes) | Non |
| Eau chaude sanitaire | Oui | Oui | Non |
| Rafraîchissement | Optionnel | Passif possible | Oui |
| Bruit | Unité extérieure audible | Très silencieuse | Unités intérieures audibles |
| Idéal pour | Neuf, rénovation | Neuf avec terrain adapté | Chauffage d’appoint / tertiaire léger |
Plus d’informations sur les différents types et leur combinaison avec le solaire sont disponibles dans l’article Types de pompes à chaleur et duo gagnant avec le solaire.
Indicateurs de performance : COP, JAZ, SCOP
L’efficacité d’une pompe à chaleur est décrite par plusieurs indicateurs. Les comprendre est essentiel pour comparer les appareils.
COP – Coefficient de performance instantané
Le COP est une valeur instantanée mesurée dans des conditions normalisées de laboratoire (par ex. A2/W35 = air extérieur 2 °C, départ chauffage 35 °C).
Formule :
COP = Puissance thermique (kW) ÷ Puissance électrique (kW)
Un COP de 4 signifie : 1 kW d’électricité fournit 4 kW de chaleur.
SCOP – Coefficient de performance saisonnier
Le SCOP prend en compte différents points de fonctionnement sur une saison de chauffage et est plus représentatif que le COP. Il est déterminé selon la norme EN 14825 (transposée en France, Belgique et Luxembourg) et figure sur l’étiquette énergie européenne.
JAZ – Facteur de performance annuel
La JAZ (ou COP annuel) est l’efficacité réelle d’une installation sur une année complète. Elle intègre toutes les conditions de fonctionnement, les régimes partiels et les auxiliaires électriques.
Formule générale :
JAZ = Chaleur produite (kWh/an) ÷ Électricité consommée (kWh/an)
En Allemagne, la VDI 4650 donne une méthode de calcul simplifiée. En France, Belgique et Luxembourg, on utilise des approches équivalentes dans les méthodes de calcul réglementaires (par ex. méthode 3CL-DPE en France, PEB/EPB en Belgique, Règlement grand-ducal sur la performance énergétique au Luxembourg).
Interprétation de la JAZ
| JAZ | Appréciation | Situation typique |
|---|---|---|
| < 3,0 | Insuffisant | Ancienne installation, conditions défavorables |
| 3,0–3,5 | Correct | Rénovation avec températures de départ élevées |
| 3,5–4,0 | Bon | Maison neuve standard |
| > 4,0 | Très bon | Neuf avec plancher chauffant, géothermie |
Condition pour les aides :
- En France, la plupart des aides (MaPrimeRénov’, CEE) exigent un COP ≥ 3,4 (à 7/35 °C pour les PAC air-eau) et un appareil certifié (NF PAC, Eurovent ou équivalent).
- En Wallonie, les primes « Chauffage » imposent un COP saisonnier minimal (SCOP) selon la norme EN 14825 et un label de qualité (par ex. Keymark, HP Keymark).
- Au Luxembourg, les aides « Klimabonus – Pompe à chaleur » exigent un SCOP minimal et l’étiquette énergie A+ ou A++ selon le type de PAC.
Des explications détaillées sur ces indicateurs et leur calcul sont données dans l’article Indicateurs et dimensionnement des pompes à chaleur.
Choisir la bonne puissance
Un dimensionnement correct est déterminant pour l’efficacité et le confort. Une pompe à chaleur surdimensionnée va « cycler » fréquemment (marche/arrêt), ce qui augmente l’usure et diminue le rendement.
La puissance de chauffage comme base
La puissance de chauffage nécessaire (charge de chauffage) correspond à la puissance thermique requise lors de la température extérieure de base de la zone climatique. Elle se calcule selon la norme européenne EN 12831 ; en pratique :
- France : application via la NF EN 12831 et les méthodes de calcul de la RE2020 (neuf) ou des études thermiques pour la rénovation.
- Belgique (Wallonie) : intégrée dans la méthode PEB (Performance Énergétique des Bâtiments) basée sur EN 12831.
- Luxembourg : reprise dans la réglementation nationale sur la performance énergétique des bâtiments (transposition d’EN 12831).
Ordres de grandeur de charge spécifique :
| Type de bâtiment | Charge spécifique |
|---|---|
| Maison passive | 10–20 W/m² |
| Bâtiment très performant (BBC, RE2020, Q-ZEN) | 25–35 W/m² |
| Neuf standard RT 2012 / RE2020 ancienne génération | 40–50 W/m² |
| Rénovation après 1995 | 60–80 W/m² |
| Ancien avant 1980 | 100–150 W/m² |
| Ancien non rénové avant 1960 | 120–180 W/m² |
Règle de calcul simplifiée
Puissance de chauffage (kW) = Surface habitable (m²) × Valeur spécifique (W/m²) ÷ 1000
Exemple : Maison neuve de 150 m² avec 45 W/m² : 150 × 45 ÷ 1000 = 6,75 kW de puissance de chauffage
Majoration pour l’eau chaude sanitaire
Pour la production d’eau chaude sanitaire (ECS), on ajoute une marge :
- Ménage moyen : +0,25 kW par personne
- Si ballon thermodynamique séparé : marge à adapter selon le système
Exemple complet :
- 150 m² en neuf : 6,75 kW
- Foyer de 4 personnes : +1,0 kW
- Total : 7,75 kW → choisir une PAC d’environ 8 kW
Éviter le surdimensionnement :
Une pompe à chaleur surdimensionnée de 20 % peut réduire la JAZ de 10 à 15 %. Il vaut mieux dimensionner « au plus juste » et prévoir une résistance électrique ou un appoint ponctuel pour les rares pointes de froid.
Pour un calcul plus précis, utilisez notre calculateur de charge de chauffage.
Modes de fonctionnement
Selon le bâtiment et les besoins, différents modes de fonctionnement sont possibles.
Fonctionnement monovalent
La pompe à chaleur couvre seule l’intégralité des besoins de chauffage. C’est le mode le plus efficace.
Conditions :
- Bâtiment bien isolé (neuf ou rénovation performante)
- Émetteurs basse température (idéalement ≤ 55 °C de température de départ)
- Pompe à chaleur dimensionnée sur la charge de chauffage
Fonctionnement bivalent
La pompe à chaleur fonctionne avec un second générateur de chaleur. En dessous d’une certaine température extérieure (point de bivalence), le chauffage d’appoint prend le relais ou vient en complément.
Variantes :
| Variante | Description |
|---|---|
| Bivalent parallèle | PAC et appoint fonctionnent simultanément |
| Bivalent alternatif | En dessous du point de bivalence, seul l’appoint fonctionne |
| Bivalent partiellement parallèle | Combinaison des deux stratégies |
Fonctionnement hybride
Un système hybride associe pompe à chaleur et chaudière gaz/fioul à condensation dans un même ensemble ou une même régulation. L’automate choisit automatiquement le mode le plus économique en fonction du prix des énergies et de la température extérieure.
Aide au choix :
| Situation | Mode recommandé |
|---|---|
| Neuf avec plancher chauffant | Monovalent |
| Rénovation performante, départ bas | Monovalent |
| Ancien avec radiateurs à 60 °C | Bivalent ou hybride |
| Ancien sans travaux prévus | Hybride |
Les modes de fonctionnement sont détaillés dans l’article Modes de fonctionnement : monovalent, bivalent et hybride.
Coûts et rentabilité
Les coûts d’une pompe à chaleur se décomposent en investissement (matériel + pose) et en coûts d’exploitation.
Coût d’investissement (pose comprise)
| Type de PAC | Coût indicatif | Remarques |
|---|---|---|
| Air-eau | 10.000–20.000 € | Selon puissance, marque, configuration hydraulique |
| Sol-eau (capteurs horizontaux) | 15.000–25.000 € | Capteurs enterrés inclus |
| Sol-eau (sondes verticales) | 18.000–35.000 € | Forage inclus (≈ 80–120 €/m) |
| Eau-eau | 15.000–30.000 € | Captage sur nappe, deux forages |
Calcul des coûts d’exploitation
Les coûts annuels d’électricité se calculent approximativement comme suit :
Coût électricité = Besoin de chaleur (kWh/an) ÷ JAZ × Prix électricité (€/kWh)
Exemple :
- Besoin de chaleur : 15.000 kWh/an
- JAZ : 4,0
- Prix électricité : 0,30 €/kWh
Coût électricité = 15.000 ÷ 4,0 × 0,30 = 1.125 €/an
Comparaison des systèmes de chauffage
| Indicateur | Pompe à chaleur | Chaudière gaz condensation | Chaudière fioul condensation |
|---|---|---|---|
| Prix de l’énergie | 0,30 €/kWh (élec) | 0,12 €/kWh (gaz) | 0,10 €/kWh (fioul) |
| Rendement/JAZ | 4,0 | 0,95 | 0,90 |
| Coût effectif | 0,075 €/kWh | 0,126 €/kWh | 0,111 €/kWh |
| Pour 15.000 kWh/an | 1.125 €/an | 1.890 €/an | 1.665 €/an |
Avec une JAZ de 4,0, la pompe à chaleur présente les coûts d’exploitation les plus faibles, malgré un prix du kWh électrique plus élevé.
Aides financières et subventions
Les dispositifs allemands (BAFA, BEG) n’étant pas applicables, il faut se référer aux aides nationales et régionales en France, Belgique (Wallonie) et Luxembourg.
France (métropolitaine) – principaux dispositifs (2025/2026) :
| Dispositif | Type d’aide (ordre de grandeur) |
|---|---|
| MaPrimeRénov’ (ANAH) | Prime forfaitaire pour PAC air-eau ou géothermique, de l’ordre de 2.000 à > 10.000 € selon revenus et type de PAC |
| Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) | Prime complémentaire (souvent versée par les fournisseurs d’énergie), quelques centaines à plusieurs milliers d’euros |
| Éco-PTZ | Prêt à taux zéro jusqu’à 50.000 € pour travaux de rénovation énergétique |
| TVA réduite | Taux de 5,5 % sur la fourniture et la pose en rénovation |
Conditions fréquentes : logement de plus de 2 ans (pour la rénovation), PAC certifiée, COP/SCOP minimal, travaux réalisés par une entreprise RGE (Reconnu Garant de l’Environnement).
Belgique – Wallonie (régime « Primes Habitation ») :
| Dispositif | Type d’aide (ordre de grandeur) |
|---|---|
| Prime « Chauffage » – PAC air-eau | Montant par kW ou forfait, modulé selon le revenu (jusqu’à plusieurs milliers d’euros) |
| Prime « Chauffage » – PAC sol-eau | Prime plus élevée que pour l’air-eau, toujours modulée selon les revenus |
| Primes isolation (toiture, murs, sols, vitrages) | Montants au m², cumulables avec la PAC |
| Taux de TVA réduit (6 %) | Pour certains travaux de rénovation dans les logements de plus de 10 ans |
Les montants exacts varient selon la catégorie de revenus et doivent être vérifiés sur le site officiel Wallonie Énergie.
Luxembourg – programme Klimabonus (remplaçant « PRIMe House ») :
| Dispositif | Type d’aide (ordre de grandeur) |
|---|---|
| Klimabonus – Pompe à chaleur | Subvention en € par kW ou forfaitaire, plus élevée pour le remplacement d’une chaudière fossile |
| Klimabonus – Isolation | Aides au m² pour l’isolation de toiture, murs, sols |
| Klimabonus – Solaire thermique / PV | Subventions pour installations solaires, cumulables avec une PAC |
Les aides sont conditionnées à la performance énergétique (SCOP minimal, classe d’efficacité) et à la réalisation par des entreprises agréées.
Conseil :
Dans les trois pays, les aides doivent en général être demandées avant la signature définitive du devis ou le début des travaux. Vérifiez systématiquement les conditions et montants actualisés sur les sites officiels (France : France Rénov’, Belgique : Wallonie Énergie, Luxembourg : Klima-Agence).
Pompe à chaleur en rénovation (ancien bâti)
Installer une pompe à chaleur dans un bâtiment existant est possible, mais demande une étude approfondie.
Principales difficultés
- Températures de départ élevées : les anciens radiateurs nécessitent souvent 60–70 °C
- Isolation insuffisante : une forte charge de chauffage impose une PAC puissante
- Contraintes d’implantation : emplacement de l’unité extérieure parfois limité
Pistes de solutions
| Mesure | Effet |
|---|---|
| Isolation (façade, toiture) | Réduit la charge de chauffage de 30 à 50 % |
| Remplacement des fenêtres | Diminue les pertes par transmission |
| Radiateurs basse température | Permettent des départs à 45–50 °C |
| Plancher chauffant (partiel) | Abaisse la température de départ |
| Système hybride | Complète la PAC lors des grands froids |
JAZ réaliste en rénovation
| État du bâtiment | Température de départ | JAZ attendue |
|---|---|---|
| Non rénové, vieux radiateurs | 60–70 °C | 2,5–3,0 |
| Partiellement rénové | 50–55 °C | 3,0–3,5 |
| Rénové, radiateurs récents | 45–50 °C | 3,5–4,0 |
| Rénové, plancher chauffant | 35–40 °C | 4,0–4,5 |
Règle pratique :
Chaque baisse de 5 °C de la température de départ améliore la JAZ d’environ 0,3 à 0,5 point.
Guide détaillé : Consultez l’article complet Pompe à chaleur en rénovation avec test à 55 °C, scénarios de rénovation, systèmes hybrides et comparatifs de coûts.
Le duo gagnant : pompe à chaleur + photovoltaïque
Associer pompe à chaleur et installation photovoltaïque présente des avantages majeurs : l’électricité solaire produite sur place alimente la PAC, ce qui réduit les coûts d’exploitation et améliore encore le bilan CO₂.
Synergies de la combinaison
- Augmentation de l’autoconsommation : la PAC valorise les excédents solaires
- Réduction de la facture d’électricité : moins d’achat au tarif réseau (≈ 0,30 €/kWh)
- Chauffage quasi neutre en CO₂ : électricité renouvelable pour la chaleur
- Plus d’indépendance : moindre sensibilité aux hausses de prix de l’énergie
Recommandations de dimensionnement
| Composant | Dimensionnement | Exemple (150 m²) |
|---|---|---|
| Pompe à chaleur | Sur la charge de chauffage | 8 kW |
| Installation PV | Taille standard + 2–3 kWc | 10 kWc |
| Batterie | Optionnelle, 8–12 kWh | 10 kWh |
Exemple chiffré
Hypothèses :
- Maison neuve de 150 m², 4 personnes
- PAC 8 kW, JAZ 4,0
- Besoin de chaleur : 15.000 kWh/an → électricité PAC : 3.750 kWh/an
- Électricité usages domestiques : 4.000 kWh/an
- Total : 7.750 kWh/an
Avec 10 kWc de PV et 10 kWh de stockage :
- Production PV : ≈ 10.000 kWh/an
- Autoconsommation : ≈ 5.000 kWh/an (50 %)
- Taux d’autonomie : ≈ 65 %
- Achat réseau : seulement 2.750 kWh/an
- Économie : ≈ 1.500 €/an (ordre de grandeur)
Plus d’informations dans l’article Types de pompes à chaleur et duo gagnant avec le solaire.
Avantages et inconvénients en résumé
Avantages
| Avantage | Explication |
|---|---|
| Haute efficacité | JAZ 3–5 : 1 kWh d’électricité fournit 3 à 5 kWh de chaleur |
| Impact environnemental réduit | Pas d’émissions directes de CO₂, encore amélioré avec de l’électricité verte |
| Coûts d’exploitation faibles | Avec une bonne JAZ, plus économique que le gaz ou le fioul |
| Longue durée de vie | 15–25 ans, entretien limité |
| Pas de stockage de combustible | Pas de cuve fioul, pas de livraison de combustible |
| Possibilité de rafraîchissement | De nombreux modèles peuvent rafraîchir en été |
| Aides publiques | Subventions et primes importantes dans les trois pays |
Inconvénients
| Inconvénient | Explication |
|---|---|
| Investissement élevé | 10.000–35.000 € selon le type |
| Dépendance à l’électricité | Pas de chauffage en cas de coupure prolongée sans solution de secours |
| Rendement par grand froid | Les PAC air-eau perdent en performance à -15 °C |
| Bruit | L’unité extérieure est audible (≈ 35–50 dB) |
| Température de départ limitée | Moins adaptée aux installations nécessitant > 60 °C |
| Besoin d’étude préalable | Dimensionnement et intégration doivent être soignés |
Questions fréquentes (FAQ)
Une pompe à chaleur est-elle rentable en rénovation ?
Oui, sous certaines conditions. Les deux paramètres clés sont la température de départ nécessaire et la charge de chauffage. Si la température de départ peut être limitée à 55 °C ou moins et que la JAZ atteint au moins 3,0, la PAC est généralement pertinente. Un système hybride peut être préférable lorsque des températures plus élevées restent indispensables.
Quel est le niveau sonore d’une pompe à chaleur ?
Les PAC air-eau modernes affichent des niveaux de puissance acoustique de l’ordre de 35 à 55 dB(A). À titre de comparaison : un réfrigérateur émet environ 40 dB(A), une conversation normale environ 60 dB(A). L’implantation doit respecter des distances minimales vis-à-vis des voisins et des chambres, et tenir compte des réglementations locales de bruit (plans d’urbanisme, règlements communaux).
Quelle est la durée de vie d’une pompe à chaleur ?
Avec un entretien régulier, la durée de vie se situe entre 15 et 25 ans. Le compresseur est l’élément le plus sollicité. Les cycles marche/arrêt trop fréquents réduisent la longévité, d’où l’importance d’un bon dimensionnement et d’une régulation adaptée.
Quelle est la température de départ optimale ?
Plus elle est basse, meilleure est l’efficacité. Ordres de grandeur :
- Plancher chauffant : 30–35 °C
- Radiateurs basse température : 45–50 °C
- Radiateurs classiques : 55–60 °C
Une baisse de 5 °C de la température de départ améliore la JAZ d’environ 0,3 à 0,5 point.
Une pompe à chaleur peut-elle aussi rafraîchir ?
Oui, beaucoup de pompes à chaleur sont réversibles et peuvent rafraîchir en été. Les PAC air-eau offrent un rafraîchissement actif via les émetteurs, tandis que les systèmes sol-eau peuvent proposer un rafraîchissement passif via le sol. La puissance de rafraîchissement reste toutefois limitée par le confort d’été et la prévention de la condensation, et ne remplace pas toujours une climatisation dédiée.
Conclusion
À retenir : Les pompes à chaleur valorisent la chaleur de l’environnement et, avec des JAZ de 3 à 5, sont nettement plus efficaces que les systèmes fossiles. Elles sont particulièrement adaptées au neuf et fonctionnent aussi en rénovation, à condition de limiter la température de départ à environ 55 °C. Associée à une installation photovoltaïque, la pompe à chaleur permet un chauffage quasi neutre en CO₂.
Le choix du type de pompe à chaleur dépend du bâtiment, du terrain disponible et du budget. Les PAC air-eau offrent le meilleur compromis coût/efficacité, tandis que les systèmes sol-eau atteignent les rendements les plus élevés lorsque le terrain et les autorisations le permettent.
Série complète « Pompes à chaleur »
- Pompe à chaleur : le guide complet – vous êtes ici
- Le « anti-réfrigérateur » : comment fonctionne une pompe à chaleur ? – bases physiques
- Les composants : échangeurs, compresseur et détendeur – détails des éléments
- Indicateurs et dimensionnement des pompes à chaleur – COP, JAZ, SCOP
- Modes de fonctionnement : monovalent, bivalent et hybride – explication des modes
- Types de pompes à chaleur et duo gagnant avec le solaire – types & combinaison avec le PV
Références
- Statistiques européennes sur la diffusion des pompes à chaleur (Eurostat, EHPA)
- France : France Rénov’ – Aides à la rénovation énergétique
- Belgique (Wallonie) : Wallonie Énergie – Primes Habitation
- Luxembourg : Klima-Agence – Programmes Klimabonus
- EN 14825 : Essais et détermination du SCOP des pompes à chaleur
- EN 12831 / NF EN 12831 : Calcul des déperditions de chaleur des bâtiments
- Réglementations nationales : RE2020 (France), PEB/EPB (Belgique), règlement grand-ducal sur la performance énergétique des bâtiments (Luxembourg)
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